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Quels sont les métiers de demain en agro-énergie ?

La transition écologique et énergétique transforme profondément le secteur agri-agro. De nouvelles filières se développent autour des énergies renouvelables, en particulier la méthanisation, les biocarburants et l’agrivoltaïsme. Ces innovations offrent des opportunités de diversification aux acteurs du monde agricole et ouvrent la voie à de nouveaux métiers.

Dans le cadre du projet COMPETENS’AGRO, les chargé·es d’ingénierie de formation ont mené une étude bibliographique sur les priorités de formation liées aux énergies renouvelables dans le secteur agri-agro. L’objectif est de mieux comprendre les besoins de compétences et les métiers émergents dans trois domaines en pleine mutation : la méthanisation, les biocarburants et l’agrivoltaïsme.

La méthanisation : un secteur en pleine croissance

La méthanisation, qui valorise les déchets organiques pour produire de l’énergie, connaît un essor considérable. Le chiffre d’affaires du secteur atteignait 1,655 milliard d’euros en 2022. Un an plus tard, au 1er janvier 2024, la France comptait déjà 1 724 installations opérationnelles. L’objectif à l’horizon 2030 est de poursuivre cette croissance et de multiplier les unités, en réponse à la demande croissante en énergies renouvelables.

Cette dynamique entraîne l’émergence de nombreux métiers. Parmi eux, on retrouve le chef de projet en méthanisation, le responsable d’unité, le technicien d’exploitation et de maintenance, le technicien biométhanisation ou encore l’agriculteur-méthaniseur. De nouvelles fonctions se profilent également, comme l’ingénieur spécialisé en intelligence artificielle et data, le consultant en logistique appuyée par l’IA, le spécialiste en automatisation intelligente et robotique ou encore le formateur en technologies numériques appliquées à la méthanisation.

Les compétences attendues recouvrent le leadership opérationnel, la planification et la coordination des activités, la maîtrise des procédés de valorisation énergétique, mais aussi des connaissances scientifiques et techniques sur le vivant et l’industrie. Les enjeux de sécurité et de conformité complètent ce socle indispensable.

Les biocarburants : une filière en mutation

Les biocarburants, à l’intersection entre production agricole, chimie industrielle et innovations énergétiques, représentent une filière en pleine évolution. En 2023, la France a produit 3,6 millions de tonnes de biodiesel et 1,2 million de tonnes de bioéthanol. L’ambition pour 2030 est de renforcer leur place dans le mix énergétique, en dépassant largement les 5,6 % actuels de part des biocarburants.

Cette croissance s’accompagne de nouveaux débouchés professionnels. Les ingénieurs en biotechnologie et les chimistes spécialisés en biocarburants, les spécialistes des procédés de distillation et de fermentation, les responsables techniques de production et les chercheurs en R&D font partie des métiers émergents. D’autres profils se dessinent pour l’avenir, tels que l’ingénieur en biocarburants avancés de deuxième et troisième génération, le chef de projet en énergies renouvelables, l’ingénieur en thermochimie ou encore le chercheur spécialisé en biocarburants.

Pour répondre à ces besoins, les compétences attendues portent sur la gestion de projets complexes, la maîtrise de technologies de pointe, la compréhension du cadre environnemental et réglementaire, mais aussi la capacité à faire évoluer les pratiques et les outils de production. Les connaissances des procédés de transformation de la biomasse, de la fermentation et de la distillation, ainsi que l’expertise en bioraffinerie, sont également au cœur des attentes.

L’agrivoltaïsme : un domaine en structuration

Encore jeune, l’agrivoltaïsme associe production agricole et production d’énergie solaire. En 2023, seulement une centaine d’hectares étaient exploités en France, mais le potentiel est estimé entre 20 000 et 40 000 hectares mobilisables, avec déjà 200 projets pilotes en cours dans différentes régions. L’objectif à l’horizon 2050 est d’accroître fortement la puissance installée, aujourd’hui évaluée à 17 GW.

Dans ce domaine en structuration, les métiers émergents et futurs sont nombreux. L’ingénieur agrivoltaïque, l’agronome et conseiller technique, le chef de projet en énergies renouvelables, le chargé d’études d’impact ou encore l’animateur de filière et de territoire font partie des profils attendus. De nouvelles fonctions hybrides apparaissent également, comme l’agriculteur gestionnaire de projet photovoltaïque, le référent local et animateur de projet ou encore l’exploitant multitâches.

Les compétences nécessaires relèvent de la capacité à travailler en mode collaboratif et transversal, de l’animation de démarches collectives et territoriales, ainsi que de la compréhension des enjeux environnementaux et sociétaux. La maîtrise du cadre réglementaire lié à l’agriculture et aux énergies renouvelables, la connaissance des pratiques agricoles et des systèmes de production, ainsi que la mise en œuvre de solutions énergétiques intégrées en milieu rural sont également essentielles. Enfin, une approche globale des questions foncières et juridiques complète les compétences recherchées.

En mettant en lumière les dynamiques de la méthanisation, des biocarburants et de l’agrivoltaïsme, cette étude souligne la nécessité d’anticiper les besoins en formation pour accompagner la transition énergétique dans le secteur agri-agro. C’est dans cette perspective que COMPETENS’AGRO propose une offre de formation continue pensée pour répondre aux enjeux actuels et futurs de l’agro-énergie.

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